Économie

Après des résultats économiques dégradés en 2016, l’Afrique a renoué avec la croissance en 2017 (+3,6 % d’augmentation du PIB en volume), grâce au rétablissement du cours des matières premières. La tendance est favorable, avec un maintien en 2018 et une nouvelle accélération prévue en 2019. Toutefois, cet essor global marque des disparités importantes entre pays.

L’Afrique renoue avec la croissance

En 2016, l’Afrique a connu un niveau de croissance historiquement bas, principalement dû à la chute des cours de nombreuses matières premières, pétrole, or et café notamment. Les prix du pétrole et des métaux se sont rétablis en 2016 et 2017 (bien que demeurant en deçà des niveaux record de la période 2010-2014), augmentant mécaniquement les revenus liés aux exportations. Au-delà de l’amélioration du cours des matières premières, cette reprise est également le reflet d’une conjoncture internationale plus favorable, d’une demande intérieure soutenue et des améliorations de la production agricole.
Ainsi, après une croissance molle du PIB en 2016, de 2,1 % en volume (mais 9,5 % en valeur courante, pour comparaison avec la dynamique des marchés des services télécoms au chapitre 5, elle aussi mesurée en base courante), l’Afrique retrouve une croissance soutenue avec une progression de 3,6 % en volume (13,8 % en valeur courante) en 2017. La reprise devrait se poursuivre, et la croissance pour 2018 et 2019 est estimée à 3,5 % puis 4 % en volume selon la Banque Africaine de Développement (BAD).
Reste à l’Afrique à transformer cette croissance économique en création d’emplois au même rythme, afin de répondre aux enjeux de réduction de la pauvreté et de croissance inclusive.

Des disparités selon les pays

La croissance globale masque de fortes disparités selon les pays. Le ralentissement observé en 2016 est notamment dû à la situation du Nigeria, confronté à la faiblesse des prix du pétrole, et affichant une récession en volume, à -1,6 % en 2016 (même si la croissance en valeur s’affiche à 7,8 %). Le rétablissement des cours des matières premières, conjugué à la forte performance du secteur agricole, a permis au pays de connaître un rebond, mais les projections pour le pays restent plus faibles que pour l’ensemble du continent.
D’autres pays connaissent une dynamique très forte, en particulier la Libye, l’Éthiopie, le Ghana, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Tanzanie, qui affichent plus de 7 % de croissance en volume en 2017. Le Burkina Faso, le Sud-Soudan, le Rwanda, la Guinée Bissau, la Sierra Leone, le Bénin, le Mali, le Malawi, l’Érythrée et l’Ouganda affichent quant à eux une croissance (toujours en volume) supérieure à 5 %. Enfin, le Niger, le Kenya, le Zimbabwe, le Togo, l’Égypte, Madagascar, le Maroc, Djibouti, la Zambie et la République centrafricaine se situent au-delà des 4 % de croissance en volume (source BAD).

 
Un regain de croissance économique
 
Des dynamiques économiques contrastées
Les plus fortes croissances du PIB en volume, en Afrique, en 2017