Afrique du Nord

Avec des niveaux d’équipement relativement avancés (plus de 100 % de pénétration mobile), les marchés télécoms en Afrique du Nord sont à la croisée des chemins. Dans le mobile précisément, seul le basculement vers la 3G/4G permet de stabiliser les revenus. Dans le fixe, ils continuent de bénéficier d’un effet volume.

Couvrant 7 pays (d’est en ouest, Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte et Soudan), l’Afrique du Nord représente un peu moins de 19 % de la population du continent (233,3 millions d’habitants fin 2017) mais plus de 30 % de sa richesse (PIB de 596 milliards EUR en 2017). L’économie de la région, en reprise depuis trois ans, devrait encore voir sa croissance s’accélérer dans les années à venir.

Une croissance du mobile qui s’essouffle

L’équipement mobile dans la région, déjà avancé (taux de pénétration de 104 %, soit 104 cartes SIM pour 100 habitants), ne progresse plus que modérément. Au cours des dernières années, les opérateurs ont d’ailleurs procédé à des “nettoyages” de leurs bases clients, ce qui a eu pour effet de réduire ce taux. À l’intérieur du parc en revanche, la part des abonnés 3G/4G a crû rapidement, pour atteindre 73 % fin 2018, et elle devrait encore monter à 82 % à fin 2022. Ce basculement a eu pour effet de soutenir la dynamique de revenus, mais celle-ci s’essouffle et le marché mobile est plutôt sur une trajectoire de croissance nulle pour les années à venir.

Ces moyennes régionales masquent des contrastes très importants d’un pays à l’autre, tant en équipement qu’en revenus. La pénétration mobile reste en croissance en Algérie et en Tunisie ; elle est stable au Maroc et décline dans les quatre autres pays de la région. En Égypte, l’équipement en mobile s’était fortement développé lors du printemps arabe, permettant aux populations de communiquer sans prendre le risque de sortir de chez elles ; l’effet s’est ensuite estompé. En valeur, le marché mobile reste également en croissance soutenue dans les deux premiers pays cités ; il croît de manière beaucoup plus modérée au Maroc et régresse ailleurs.

Un marché fixe en devenir

La croissance vient plutôt du marché fixe avec une dynamique en volume très forte qui, même dans un contexte d’ARPU sous pression, entraîne les revenus vers le haut : entre 2017 et 2022, ceux-ci devraient ainsi gagner encore 40 %, malgré un revenu moyen en léger déclin.

L’Égypte, bénéficiant pour partie de son effet taille, concentre plus de 45 % des abonnés haut débit de la région. La croissance des revenus, très forte au cours des années passées, devrait toutefois y ralentir à court terme. Au Maroc au contraire, après une période d’ajustement des tarifs, les revenus du fixe vont repartir fortement à la hausse.

 
Pénétration du mobile en Afrique du Nord
Densité mobile (cartes SIM pour 100 habitants) par pays, en 2018
 
Évolution des marchés télécoms en Afrique du Nord