Afrique de l’Est

Avec un PIB par habitant double de la moyenne régionale, le Kenya augmente encore son avantage dans les télécommunications et pèse pour 50 % des revenus du secteur en Afrique de l’Est, à la faveur d’un positionnement avancé dans les services financiers mobiles (mobile money) notamment.

Couvrant 10 pays (Burundi, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan du Sud et Ouganda), l’Afrique de l’Est représente un peu plus de 20 % de la population du continent (250,1 millions d’habitants fin 2017) mais seulement 10 % de sa richesse (PIB 2017 de 192 milliards EUR). La croissance économique de la région apparaît cependant très soutenue et devrait le rester à moyen terme.

Un marché très dynamique

L’équipement mobile dans la région est encore relativement faible (taux de pénétration de 63 % fin 2017) mais pourrait progresser fortement dans les prochaines années et se rapprocher progressivement du niveau moyen d’équipement du continent. Par ailleurs, le développement du parc, largement concentré sur les dernières années, a favorisé l’équipement en 3G/4G, qui dépasse déjà 60 % du total et devrait gagner 20 points à l’horizon 2022. La croissance en valeur s’en trouve accélérée et l’Afrique de l’Est connaît, de loin, la plus forte dynamique du continent, avec des revenus mobiles multipliés par 3 entre 2012 et 2022.

La croissance est également très forte dans le fixe (parc d’accès haut débit multiplié par 10 en dix ans et revenus multipliés par plus de 3 dans la période), même si, comme dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, le poids du segment reste limité en comparaison du mobile.

Une domination du Kenya dans le mobile

Le marché mobile dans la région est largement dominé par le Kenya qui, outre un équipement sensiblement supérieur à la moyenne régionale (91 % fin 2017), concentre la moitié des revenus : une situation qui reflète pour partie le poids économique du pays (le PIB kényan pèse 36 % de celui de la région) mais est aussi à mettre au compte du succès d’applications avancées, notamment de la mobile money (les revenus de M-Pesa, par exemple, entrent désormais pour 28 % dans le chiffre d’affaires de Safaricom, et leur poids est en constante augmentation).

La singularité kenyane ne se retrouve pas dans le fixe où, au contraire, les ARPU y apparaissent plus faibles (relativement à la richesse du pays) que dans le reste de la région.

 
Pénétration du mobile en Afrique de l'Est
Densité mobile (cartes SIM pour 100 habitants) par pays, en 2018
 
Évolution des marchés télécoms en Afrique de l'Est