Opérateurs télécoms

Malgré l’essor de quelques opérateurs internationaux qui concentrent environ 50 % des revenus, le marché africain des télécommunications reste morcelé et surtout en proie à une concurrence intense. Face à un ralentissement de la croissance et à une tension sur les marges, les opérateurs cherchent de nouvelles voies pour élargir leurs activités.

Une poignée d’opérateurs panafricains…

Le développement et l’ouverture des marchés des télécommunications en Afrique ont été l’occasion de prises de position d’opérateurs internationaux, à la recherche de relais de croissance.

Aujourd’hui, cinq opérateurs détiennent à eux seuls environ la moitié du marché africain. Le premier d’entre eux, MTN, originaire d’Afrique du Sud, est présent dans 17 pays du continent et y comptait, fin 2017, un total de 157,2 millions de clients.

À quasi-égalité, Vodafone opère dans 11 pays, directement ou via sa filiale sud-africaine Vodacom. Le groupe britannique détient notamment 40 % de Safaricom, l’opérateur kenyan pionnier du Mobile Money avec son service M-Pesa. Au total, le groupe comptait, à la fin de son dernier exercice fiscal (mars 2018), 163,3 millions de clients mobiles.

Avec une présence dans 19 pays, majoritairement d’Afrique francophone, Orange affichait de son côté un parc mobile de 125,5 millions de clients à fin 2017.

Etisalat a renforcé son emprise africaine grâce au rachat de Maroc Telecom en 2014 : 11 pays couverts, là aussi très majoritairement francophones, et une base de 76,5 millions de clients sur le continent à fin 2017.

Finalement, après avoir rationalisé ses activités, le groupe indien Bharti Airtel reste aussi très fortement ancré sur l’Afrique, avec une présence dans 14 pays et 89,3 millions de clients à fin mars 2018.

… mais une majorité d’acteurs locaux

Au-delà de ces puissants groupes, le marché des services de télécommunications en Afrique reste très morcelé, organisé autour de nombreux opérateurs locaux, pour certains toujours détenus à 100 % par les États, à l’instar des opérateurs historiques camerounais, Camtel, ou éthiopien, Ethio Telecom. Ce dernier demeure par ailleurs en situation de monopole, aussi bien dans le fixe que dans le mobile.

En termes de structures de marchés, l’Afrique apparaît également une terre de contrastes, certains pays comptant au contraire jusqu’à 7 (Somalie) voire 8 (Nigeria) opérateurs mobiles.

Des modèles économiques à réinventer

Face à la pression concurrentielle et à des ARPU contraints, les opérateurs voient aussi croissance et marges s’éroder, d’autant plus que la concurrence vient également de nouveaux acteurs, tels les OTT – américains ou chinois en tête – de plus en plus présents sur le continent (voir planche 5.2). Dès lors, il faut renouveler les modèles économiques et surtout trouver, au-delà des revenus basiques de la connectivité, des sources complémentaires de revenus. Le Mobile Money ou le commerce électronique, l’un et l’autre pouvant être liés, en sont aujourd’hui des exemples parmi les plus répandus. Mais c’est plus largement tout le mouvement de transformation digitale du continent que les opérateurs doivent s’efforcer d’accompagner.

 
Près de 50 % du marché des télécommunications détenus par 5 groupes
Présence des 5 principaux opérateurs internationaux en Afrique
(Revenus 2017 en Afrique)


7.0 billion €


6.8 billion €


4.6 billion €


3.1 billion €


2.6 billion €

Source: IDATE DigiWorld