Industrie audiovisuelle

Portés par la dynamique du marché de l’audiovisuel, de nombreux acteurs africains viennent compléter l’offre de services aux côtés des groupes publics, du groupe sud-africain Naspers et des acteurs historiques internationaux. Si les offres locales rencontrent l’adhésion des consommateurs, les modèles économiques restent à stabiliser pour ces nouveaux entrants.

L’essor de groupes de télévision locaux, encore fragiles

La libéralisation du secteur audiovisuel à la fin des années 1990 a permis de sortir du monopole des chaînes publiques et d’ouvrir des possibilités de modernisation au secteur. Néanmoins, les groupes publics gardent une place centrale dans l’offre audiovisuelle nationale, peu de chaînes commerciales parvenant à asseoir un modèle économique sur une base publicitaire. D’autre part, les offres panafricaines se sont développées, avec par exemple Africable et son offre TNTSAT Africa avec 26 pays ciblés, principalement en Afrique francophone subsaharienne. Depuis le Kenya, Zuku TV propose ses services de TV par satellite au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi et en Zambie. Néanmoins, l’économie de ces plateformes reste fragile, qu’elle repose sur des recettes publicitaires ou (très largement) sur des revenus issus de l’abonnement.

Le rôle toujours central des groupes internationaux et panafricains

De grands groupes médias internationaux continuent ainsi de structurer le marché de la diffusion audiovisuelle en Afrique : le Français Canal+ pour la partie francophone, le Sud-Africain Naspers/Multichoice pour la partie anglophone et le Chinois StarTimes là où des opportunités d’implantations apparaissent. Les groupes médias du Moyen-Orient sont principalement actifs via des offres satellite panarabes et des services vidéo Internet.

Un renforcement du poids des contenus audiovisuels locaux

En termes de programmation, les produits venant du Bollywood indien et des telenovelas latino-américaines ont ouvert la voie à l’importation de premiers formats télévisuels internationaux adaptés à l’Afrique. Cette ouverture a cependant moins profité à la production locale, en particulier dans la zone francophone. C’est en effet dans les pays anglophones que le dynamisme est le plus marqué, avec les productions audiovisuelles du Nigeria (Nollywood) mais également le lancement de productions au Ghana ou au Kenya. Avec une industrie plus consolidée, l’Afrique du Sud joue également un rôle moteur dans ce domaine.
Si l’industrie de la production reste peu structurée et encore en phase d’apprentissage, il n’en reste pas moins que les productions africaines rencontrent le succès auprès du public sur le continent. Cette tendance n’est pas passée inaperçue auprès des investisseurs internationaux (Canal+, Lagardère, StarTimes, Multichoice…), qui augmentent leurs investissements dans la production locale, qui manque toujours cruellement de moyens financiers.

 
Les acteurs misent sur les offres mobiles
Développement des services de SVOD en Afrique
Source : IDATE DigiWorld
 
Une spécialisation par zone linguistique, à l'exception de StarTimes
Source : IDATE DigiWorld