E-santé

L’e-santé représente le grand espoir du continent africain. Le continent compte en moyenne 2 médecins et 15,5 lits pour 10 000 personnes. Ainsi, depuis 12 ans, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a adopté une résolution pour la création d’une stratégie e-santé en Afrique. L’e-santé a permis à deux fois plus d’habitants des zones rurales d’accéder aux soins.

Le développement du numérique comme réponse à l’insuffisance sanitaire

D’après l’OMS, les innovations numériques contribuent aux objectifs de couverture sanitaire universelle, faisant tomber certaines barrières comme le coût, l’accès ou le manque de qualité des soins, tout en étendant la gamme des services proposés, en particulier dans les régions qui manquent de personnel de santé et connaissent un déficit d’infrastructures. Depuis quelques années, les applications se développent en Afrique, ciblant en priorité les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Si, dans certaines zones, notamment en Afrique du Nord, le secteur de la santé se modernise à grands pas et que la plupart des habitants ont accès à des soins de qualité, de nombreux États aux économies fragiles n’ont pas suffisamment de moyens à y consacrer. En Guinée par exemple, 95 % de la population qui n’a pas accès aux services de santé – pour cause d’éloignement – est rurale, avec, en moyenne, 1,3 personnel de santé (dont 0,21 médecin) pour 1 000 habitants.

Malgré un retard sur le plan sanitaire, l’Afrique s’engage dans la voie des nouvelles technologies dans le domaine de la santé, grâce au développement des usages numériques mais aussi de la formation et des compétences.

Une dynamique qui s’appuie sur l’essor du mobile

Sur le continent, plus d’un demi-milliard de personnes utilisent des services mobiles, 80 % des comptes mobiles actifs se situant en Afrique subsaharienne.

L’e-santé, en s’appuyant sur des applications mobiles, pourra notamment contribuer à améliorer la transmission d’informations entre les professionnels de santé et les patients, comme le carnet de vaccination virtuel avec des rappels de vaccination par SMS permettant un suivi médical continu grâce à des indicateurs automatisés. Cette solution, proposée par l’Ivoirien Etch Noël Ndrin, lauréat du prix de l’Observatoire de l’e-santé pour les pays du Sud (ODESS), permet de faciliter le suivi de tous les patients dans une région où les maladies virales sont nombreuses, et d’accroître la couverture vaccinale.

Au Mali, en 2016-2017, une expérimentation a été menée sur l’efficacité des technologies numériques dans la prise en charge des maladies de peau. Les médecins et infirmiers ont ainsi identifié des dermatoses via télédiagnostic, permettant de valider l’approche et de l’étendre à tout le pays, en privilégiant les zones défavorisées et enclavées où une couverture Internet était disponible.

L’application GiftedMom au Cameroun, qui permet le suivi personnalisé pré et postnatal des femmes, Djantoli au Burkina Faso pour la réduction de la mortalité des jeunes enfants grâce à un réseau d’agents itinérants professionnels, MedTrucks au Maroc pour déployer des unités mobiles de soins dans les déserts médicaux, JokkoSanté (Sénégal), pharmacie digitale communautaire et E-Diabète (Côte d’Ivoire-Sénégal), plateforme digitale de formation, ou encore MOS@N (Burkina Faso) pour améliorer par téléphone la couverture des soins maternels et infantiles des personnes infectées par le VIH en milieu rural, sont autant de témoignages de l’innovation en marche dans la santé, portée par le numérique.

 
Quatre lauréats en Afrique
Lauréats 2017 du prix de l’Observatoire de l'e-santé des pays du Sud : localisation des initiatives en Afrique
Source: Fondation Pierre Fabre
 
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