E-gouvernement

L’e-gouvernement désigne l’utilisation des TIC pour augmenter l’accessibilité aux services gouvernementaux et améliorer le fonctionnement des administrations des pays. Avec un indice de 0,27 (sur une échelle de 0 à 1) pour l’ensemble du continent, l’Afrique affiche toujours un retard sur le reste de monde (moyenne globale de 0,47) en matière de développement de l’e-gouvernement, selon le dernier rapport de l’ONU.

Les pays africains prennent conscience du besoin de suivre la dynamique des pays développés en termes d’e-gouvernement. Les initiatives en la matière sont appuyées et accompagnées par les organismes internationaux, telle la Banque mondiale, qui encouragent les pays africains à se lancer dans une digitalisation des administrations, à en favoriser l’accessibilité et à optimiser les processus. En mars 2018, la Sierra Leone a été le premier pays à utiliser la technologie blockchain lors d’une élection. Ce système, créé par la société suisse Agora, permet de verrouiller les transactions politiques afin de vérifier les votes et de combattre les fraudes électorales.

Les gouvernements africains ont besoin d’organiser leurs administrations pour afficher plus de transparence. L’introduction de procédures d’e-gouvernement permettrait ainsi de limiter les risques de corruption, en automatisant le système administratif et en liant les différents services. L’automatisation entraîne par ailleurs une réduction des délais et permet de minimiser les erreurs.

Des raisons externes au continent africain

Au-delà des besoins internes (transparence et optimisation des procédures), on observe une réelle volonté de la part d’investisseurs étrangers de miser sur le continent africain. La digitalisation devrait, selon McKinsey Global Institute, générer d’ici 2025 des gains de productivité évalués entre 148 et 318 milliards USD dans six secteurs clés (services financiers, éducation, santé, commerce, agriculture et administrations publiques). Les acteurs extérieurs au continent auront besoin d’accéder à l’information sur les procédures dans les États où ils souhaitent s’implanter.

Ainsi, la transformation digitale de l’administration africaine sert à créer des opportunités économiques, à faciliter l’implantation des investisseurs étrangers. C’est le cas de la Tunisie, 3e pays africain du classement mondial IDEG (indice de développement de l’e-gouvernement) qui voit, grâce à la “structure d’appui à la création” disponible sur le portail de l’industrie tunisienne, les investissements affluer : le technoparc “El Gazala”, notamment, regroupe de grands groupes internationaux tels que Alcatel, Microsoft, Ericsson, STMicroelectronics ou encore Huawei.

Les freins au développement de l’e-gouvernement

Cependant, la fracture numérique se creuse entre villes et campagnes, ainsi qu’entre littoral et arrière-pays. Ce sont les zones urbaines et les littoraux, souvent confondus pour les pays africains, qui concentrent majoritairement les infrastructures numériques. Cette fracture est également observable à l’échelle des pays. Un premier bloc englobe la Tunisie, l’île Maurice, l’Égypte, les Seychelles et le Maroc, désignés comme les pays les plus avancés en termes d’e-gouvernement. Un deuxième bloc comprend les pays les moins avancés, tels que la Guinée, le Niger ou encore la Somalie (17 des 20 pays les moins avancés dans le monde en termes d’IDEG sont africains).

Enfin, au-delà de la fracture numérique inter et intra-pays, le risque est le désintérêt des citoyens vis-à-vis de ces programmes d’e-gouvernement, malgré les avancées des acteurs impliqués dans leur développement (Nations Unies), par manque d’infrastructures et d’équipement des ménages. En 2017, seuls 23,3 % des ménages en Afrique avaient accès à Internet, contre 84 % en Europe.

 
Quatre pays africains au-dessus de la moyenne mondiale
Indice de développement de l'e-gouvernement en Afrique, en 2018
 
L'Afrique, premier continent à tester le vote blockchain
Fonctionnement du vote blockchain du système Agora
Source: Agora white paper