E-agriculture

En Afrique, 256,5 millions de personnes souffrent de malnutrition, bien que le continent abrite 60 % des terres arables non exploitées du monde. Ainsi, les outils dont dispose le continent ne permettent pas aujourd’hui d’exploiter la totalité des ressources à disposition. Des solutions numériques peuvent aider à résorber cette carence.

L’enjeu de propriété

En Afrique, 60 % de la population active travaille dans le secteur agricole. Cependant, les zones agricoles restent mal exploitées et leur productivité doit être augmentée. Cette mauvaise exploitation des ressources du continent vient du manque de protection légale des propriétés agricoles. En effet, dans certains pays, les terres sont achetées mais pas protégées par des titres de propriété. Cela met en péril la pérennité des exploitations. Au Ghana, pays où 78 % des terres ne sont pas enregistrées, l’initiative “Bitland Ghana” propose une solution blockchain qui permet de sécuriser le système cadastral en simplifiant les transactions d’acquisition et de vente de propriétés, les rendant aussi plus transparentes (possibilité de suivre la transaction en temps réel).

Des leviers pour l’exploitation

La modernité des outils d’exploitation agricole est aussi une question soulevée par les organismes internationaux présents en Afrique. En 2016, la Banque mondiale a investi 70 millions USD dans le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA) en Côte d’Ivoire. Pour ce pays qui exporte un certain nombre de produits (cacao, café), les stratégies d’e-agriculture visent d’abord à moderniser le secteur et à générer des plus-values sur les produits agricoles. Cela permettrait à long terme aux agriculteurs d’obtenir un cadre juridique et commercial pérenne pour une bonne gouvernance, et de réduire la dépendance du pays.

WeFly Agri est une société ivoirienne qui a pour objectif de permettre aux agriculteurs de contrôler et de gérer leurs activités même à distance. Grâce à la mobilisation de drones et l’utilisation d’un logiciel dédié, un certain nombre d’actions peuvent ainsi être effectuées à distance : cartographie interactive, suivi de plantation à 360 degrés, gestion des employés, analyse de données… Enfin, l’analyse des données et leur suivi permettent à l’agriculteur de générer un rendement maximal par parcelle.

Favoriser la commercialisation

Au-delà des problèmes d’exploitation, les rendements des cultures peuvent aussi être augmentés par la généralisation de l’information transmise aux producteurs. En effet, hormis les problèmes liés à la production elle-même, au moment de la vente, les agriculteurs sont parfois peu informés des taux du marché ou des lieux de revente les plus intéressants. Orange propose ainsi une solution, mAgri, qui permettrait d’homogénéiser les prix appliqués par les producteurs sur une région, afin de leur permettre de ne pas baisser leurs prix au-delà d’une marge raisonnable. Cette solution complète les initiatives de digitalisation de la production agricole en Afrique, en appuyant le dernier maillon de la chaîne de valeur. Lancé en Côte d’Ivoire, mAgri, à partir d’une collecte de données météorologiques et boursières, renseigne les producteurs sur les tendances des cours et sur les prix de vente dans une région ; elle donne également des conseils sur les cultures à intensifier.

 
Le numérique pour mieux encadrer la propriété agricole en Afrique
Initiative Bitland
Source: Bitland
 
Contrôler ses plantations pour augmenter leur rendement
Initiative WeFly
Source: WeFly