Les fréquences

Pour ne pas rester en marge de la révolution technologique, l’accès à des fréquences spectrales harmonisées est un enjeu décisif. En dépit des efforts à l’échelle régionale comme nationale, le processus de libération et d’attribution des bandes de fréquences liées aux dividendes numériques, au profit des services Internet haut débit, est toujours en cours en Afrique, plus de trois ans après le délai fixé par l’UIT. Pour autant, les réflexions sur les bandes de fréquences 5G sont engagées en vue de la CMR-19, même si de nombreux pays d’Afrique cherchent encore à exploiter le potentiel du LTE.

Le défi de la libération des fréquences du dividende numérique pour la 4G

Les CMR-2007 et 2012 ont tranché respectivement sur l’attribution des bandes de fréquences 800 MHz et 700 MHz aux premier et second dividendes numériques. La transition totale de la diffusion de la télévision analogique à la télévision numérique était prévue au plus tard en juin 2015 pour la bande UHF, et en 2020 dans certains pays pour la bande VHF. Globalement, la situation du continent au regard du dividende numérique est, en 2019, très contrastée. La migration a été réussie dans plusieurs pays ; dans la grande majorité des pays d’Afrique, notamment en Afrique subsaharienne, le processus n’en est qu’à la phase de planification, avec encore nombre d’obstacles à surmonter pour finaliser la migration. À l’échelle régionale, les organismes supranationaux ne relâchent pas leurs efforts en faveur de la libération du spectre lié au dividende numérique, mais surtout poussent vers une démarche commune et une utilisation harmonisée pour la réduction des interférences aux frontières.

Vers la 4G+ et la 5G

La course au Gigabit se traduit dans la téléphonie mobile par la nécessité de disposer de plus de spectre dédié et varié. Fin 2015, la Conférence Mondiale des Radiocommunications (CMR) se tenait, comme tous les quatre ans, pour examiner – voire réviser – l’utilisation des fréquences au niveau mondial. L’édition 2015 ouvrait la voie à la 5G en octroyant à l’industrie mobile mondiale des fréquences dans les bandes en deçà de 6 GHz (700 MHz, 1 500 MHz, 3,5 GHz) et en identifiant des bandes de fréquences hautes au-dessus de 24 GHz, à valider au cours de la CMR suivante en 2019 (24,25-27,5 GHz, 37-40,5 GHz, 42,5-43,5 GHz, 45,5-47 GHz, 47,2-50,2 GHz, 50,4-52,6 GHz, 66-76 GHz et 81-86 GHz et, dans une moindre mesure, 31,8-33,4 GHz, 40,5-42,5 GHz, 47-47,2 GHz). Pour le continent africain, la réflexion autour des fréquences 5G et de la 5G plus globalement se fait davantage sur le long terme. L’accent reste pour l’instant essentiellement porté sur le LTE, voire sur les technologies mobiles précédentes, 2G y compris. Il reste que les besoins en spectre complémentaire seront encore plus forts pour la 5G, qui s’annonce très gourmande en la matière.

 
Les nouvelles bandes envisagées pour l'IMT investissent les fréquences élevées
Bandes IMT au dessus de 6 GHz
Mobile Services (IMT)
Defense and other
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Satellite
Source: IDATE DigiWorld
 
Un processus qui ne fait que démarrer
Statut de la migration vers la télévision numérique