Financement des infrastructures

Le financement public – ou plus largement le soutien public au financement – est, en Afrique plus qu’ailleurs, nécessaire pour déployer des infrastructures numériques à grande échelle. Si ces aides représentent une part non négligeable des investissements dans les réseaux et outils de télécommunications (12 % entre 2013 et 2016, pour un montant total de 7 milliards USD), elles devraient néanmoins encore pouvoir gagner en efficacité.

Des montants conséquents en jeu

Le déploiement des réseaux est invariablement au centre des politiques publiques pour le développement du numérique en Afrique. Si les financements publics d’infrastructures sont aujourd’hui encore dirigés majoritairement vers d’autres domaines (transport et énergie notamment), le poids des TIC a augmenté substantiellement au cours des années passées, passant d’à peine plus de 1 % en 2013 à près de 3 % en 2016, selon les données de l’ICA (Consortium pour les Infrastructures en Afrique).
Avec un peu plus de 7 milliards USD, le montant des financements publics dans les TIC entre 2013 et 2016 représentait environ 12 % du total des investissements dans les réseaux et services de télécommunications, privé et public confondu (environ 53 milliards USD pour les opérateurs). La plus importante source de financement provient des gouvernements nationaux africains eux-mêmes et, à presque même hauteur, des accords bi- et multilatéraux (coopération inter-pays et financement par des banques institutionnelles d’investissement). Les financements en provenance de la Chine, via notamment Exim Bank of China, occupent aussi une place de choix, entre 20 % et 40 % selon les années.
En matière de destination géographique, les financements publics en matière d’infrastructures TIC ont été plutôt orientés ces dernières années vers l’Afrique centrale et l’Afrique australe (entre 50 % et 60 % du total pour le continent sur ces deux régions en 2015 et 2016).

Des schémas en quête d’efficacité

Si ces aides financières sont nécessaires pour déployer des réseaux dans des régions où les conditions économiques ne permettraient pas d’attirer le privé, le recours à la manne publique n’en est pas moins de plus en plus encadré. La Banque mondiale a notamment théorisé son approche au sein d’un modèle de décision dit “en cascade”. Le principe consiste à questionner les besoins et les moyens par palier (voir illustration) et de n’engager des aides que lorsque des leviers commerciaux et réglementaires ne peuvent y répondre.
Les aides prennent enfin différentes formes, là aussi en fonction des enjeux et des risques à porter, allant des schémas de partenariats public-privé (PPP) aux subventions, en passant par diverses formes de prêts (prêts conventionnés, à report de remboursements, crédits-fournisseurs…). Mais ce large éventail peut aussi s’avérer source de complexité, et les procédures de mise en œuvre restent la plupart du temps longues pour un résultat parfois en deçà des attentes.

 
Plus de 10 % des financements dans les réseaux de télécommunications aidés par le public
 
Une recherche d'efficacité dans les décisions d'aide
Approche en cascade des investissements dans les infrastructures
Source : World Bank